Gimii lève 1,5 M€ pour faire du consentement publicitaire un geste solidaire
Quatre internautes sur dix refusent les cookies, et un site qui perd leur consentement divise ses revenus publicitaires par trois. Gimii propose à ces internautes une autre façon de dire oui : accepter les cookies en échange d’un don à l’association de leur choix. Fondée en 2023 par Thomas Gicquel, Quentin Pomarel et Julien Sergent, la société à mission lève 1,5 M€, avec Provence Angels à bord. Thomas Gicquel, CEO et cofondateur, et Julien Daumont, référent Provence Angels au board, reviennent sur le modèle et sur cette nouvelle étape.
Thomas Gicquel
CEO et cofondateur de Gimii
Gimii, c’est quelle promesse ? À quel problème répondez-vous et qu’est-ce que votre solution change concrètement pour les éditeurs et les internautes ?
Notre promesse : faire de chaque consentement publicitaire un geste solidaire.
Le problème est massif et peu visible. En France, environ quatre internautes sur dix refusent les cookies. Sans consentement, un site divise en moyenne ses revenus publicitaires par trois, et les annonceurs perdent la mesure d’une partie de leurs campagnes.
Avec les Cookies Solidaires, nous proposons à ces internautes une autre façon de dire oui. Une pop-in complémentaire à la bannière de consentement s’affiche uniquement à ceux qui ont refusé. Elle leur propose d’accepter les cookies en échange d’un don, totalement gratuit pour l’internaute, à l’association de leur choix. Le don est financé par 10 % des revenus publicitaires générés, et le refus reste totalement libre.
Concrètement, le taux de consentement passe d’environ 60 % à 85 à 90 %. L’éditeur récupère les revenus qu’il perdait, il ne paie que sur la valeur que nous créons, et les dons sont défiscalisés à 60 %. L’internaute soutient gratuitement une cause qui lui tient à cœur. Les associations gagnent une source de financement récurrente. À ce jour, nous avons reversé 330 000 € à plus de 70 associations.
Comment rendre le « consentement solidaire » évident pour ceux qui le découvrent ? D’où vient cette idée et quel retour d’éditeur illustre le mieux son intérêt ?
La meilleure façon de l’expliquer tient en une phrase : « L’internaute accepte les cookies, une association reçoit un don, le tout en ne coûtant rien à l’utilisateur. » Tout le monde est gagnant, c’est ce qui rend le modèle simple à comprendre.
L’idée vient de mes douze années dans l’ad-tech, chez Prisma Media puis chez Equativ, où je travaillais notamment sur l’optimisation des taux de consentement. Chez les grands éditeurs, je voyais le même problème sans solution satisfaisante : des revenus qui s’effondrent dès que l’internaute refuse.
Le meilleur exemple reste Leboncoin, client Gimii depuis deux ans : près de 2 M€ de revenus publicitaires récupérés et 8 millions de consentements supplémentaires.
Quel cap cette levée va-t-elle vous permettre de franchir ? Quel en est le montant, qui vous accompagne et quelles priorités va-t-elle financer ?
Nous levons 1,5 M€. Nos investisseurs sont Time 4 (Daphni), Tomcat et Provence Angels, ainsi que deux business angels issus de l’ad-tech : Augustin Decré (The Trade Desk) et Thibault Hennion (Unlimitail).
Cette levée finance trois priorités :
- L’expansion européenne, en commençant par le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne.
- Le recrutement, pour passer de 10 à 30 collaborateurs en 2027.
- Le développement produit, avec le lancement de la Vidéo Solidaire et l’Adblock Solidaire.
À trois ans, notre objectif est de générer 30 millions d’euros de dons et de devenir l’ad-tech solidaire de référence dans le monde.
Pourquoi avoir choisi de vous entourer de Provence Angels ? Au-delà du financement, sur quels sujets attendez-vous le plus du réseau et de Julien Daumont pour la suite ?
Nous souhaitions trouver un équilibre : un fonds de capital-risque pour accélérer, des experts de l’ad-tech pour le marché, et des entrepreneurs et dirigeants expérimentés qui ont eux-mêmes construit et développé des entreprises. Provence Angels apporte ce troisième regard, plus large que notre secteur. C’est précieux à un moment où Gimii passe d’une start-up qui a prouvé son modèle à une entreprise qui se structure pour grandir en Europe.
Au-delà du financement, nous attendons surtout trois choses du réseau et de Julien Daumont :
- L’accès à de nouveaux interlocuteurs. Les membres du réseau dirigent ou connaissent des entreprises : annonceurs, éditeurs ou partenaires potentiels. Une introduction bien faite vaut des mois de prospection.
- La structuration. Nous allons doubler l’équipe et viser la rentabilité mi-2027. Le regard d’entrepreneurs ayant vécu ces étapes au préalable nous aidera à prendre les bonnes décisions, sur le recrutement, l’organisation et le pilotage financier.
- Un challenge exigeant au board. Nous avons une règle interne : lorsque plusieurs personnes de confiance pensent qu’une idée n’est pas la bonne, on la remet en question. Julien Daumont fait partie de ces personnes. Nous comptons sur lui pour nous pousser et nous aider à garder le cap.
Le regard du Business Angel
Julien Daumont
Référent Provence Angels au board de Gimii
Qu’est-ce qui t’a convaincu chez Gimii ? Dans l’équipe, le modèle ou les premiers résultats, quels éléments ont fait la différence dans ta décision d’investir ?
J’ai d’abord trouvé l’idée très originale, qui permet d’avoir une approche durable avec les dons mais aussi un avantage économique avec le CA publicitaire généré. Donc une approche gagnant-gagnant tant pour l’utilisateur que pour le site internet.
Cette approche avec un ROI clair présente déjà une traction commerciale importante avec des grands comptes signés comme Leboncoin et Orange. Le potentiel européen de cette solution innovante m’a aussi convaincu d’investir.
Le CEO et le CTO sont très complémentaires et partagent la volonté de créer un champion européen : donc une forte ambition qui a fini de me convaincre.
En résumé, Gimii est une innovation smart, durable et scalable, sous réserve d’une bonne exécution.
Au board, comment vas-tu aider l’équipe à franchir le prochain cap ? Sur quels enjeux ton expérience et les compétences du réseau pourront-elles faire la différence concrètement ?
Mon expérience de 30 ans dans la gestion de la croissance d’une entreprise, tant sur le plan financier et commercial que sur l’organisation, va me permettre de conseiller et de challenger Gimii dans son développement à venir.