Portrait de nos Business Angels : Rencontre avec Alex Mermod

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Qui se cache derrière les membres de Provence Angels ? Aujourd’hui, coup de projecteur sur Alex Mermod ! Entrepreneur dans l’âme, passionné de tech et d’innovation, Alex a fondé Sell&Sign, l’une des toutes premières solutions européennes de signature électronique. Après avoir revendu sa startup, il intégre la prestigieuse Stanford Graduate School of Business — l’école de commerce la plus sélective des États-Unis, réputée pour son excellence et sa capacité d’innovation. Zoom sur un parcours hors norme, et sur la manière dont celui-ci façonne aujourd’hui son rôle de Business Angel au sein du réseau.

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je me définis comme un “métis” de la tech et de l’entrepreneuriat. Développeur autodidacte dès l’âge de 9 ans, j’ai démarré ma carrière comme ingénieur en cybersécurité dans la Silicon Valley à 22 ans, avant de devenir VP Engineering à 28 ans.

En 2014, j’ai cofondé SELL&SIGN, l’une des premières solutions européennes de signature électronique. J’en ai assuré la direction pendant près de 10 ans, jusqu’à sa revente en 2023.

Après cette aventure, j’ai voulu prendre du recul et challenger mes convictions. C’est ce qui m’a conduit à intégrer le MBA en management de la Stanford Graduate School of Business (promo 2024) pour comprendre, de l’intérieur, comment se construisent et se financent les licornes là où les plus grandes sont nées : dans la Silicon Valley !

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre notre réseau ?

Trois raisons m’ont poussé à rejoindre Provence Angels. D’abord, l’envie de donner en retour. J’ai eu la chance d’être accompagné par des mentors et des Business Angels qui m’ont fait gagner des années. Aujourd’hui, c’est à mon tour de renvoyer l’ascenseur et de transmettre ce que j’ai appris sur le terrain.

Ensuite, l’effet portefeuille. Seul, je peux investir dans cinq startups. Ensemble, nous pouvons en soutenir cinquante ! Mutualiser les expertises, accéder à un deal-flow plus riche, partager les analyses : la force du collectif démultiplie clairement notre impact.

Enfin, pour l’apprentissage continu. Discuter d’agritech le matin, de climate-fintech le soir… Ce bain permanent d’idées, de projets et de visions nourrit ma curiosité et me pousse à rester en mouvement !

 

Avec votre profil tech pointu et votre expérience d’entrepreneur, comment ces deux casquettes influencent-elles concrètement votre manière d’accompagner les startups aujourd’hui ?

Mon expérience a profondément façonné mon positionnement et ma manière d’interagir avec les fondateurs. Par exemple, je ne donne jamais de conseils non sollicités. Je prends plus une posture de coach que d’administrateur : l’enjeu est que l’entrepreneur s’approprie les idées que l’on construit ensemble.

Voici les domaines où j’apporte le plus de valeur :

  • Vision produit : j’aide les équipes à traduire la « big idea » en une roadmap incrémentale, en privilégiant un “problem/solution fit” avant le “product/market fit”. Dans ce domaine, Stanford a des méthodes qui décoiffent !
  • Go-to-market frugal : après avoir traversé douze pivots et trois crises, je challenge les dépenses marketing et pousse au test, y compris via des canaux gratuits (API marketplaces, communautés open‑source).
  • Sécurité by design : l’expérience SELL&SIGN et la signature électronique m’ont montré que la conformité (eIDAS, RGPD, SOC 2) n’est pas un frein, mais un accélérateur de ventes B2B. C’est pourquoi je partage ces bonnes pratiques très tôt.
  • IA appliquée : ces derniers mois à Stanford, j’ai eu cette expérience insolite de développer des modèles d’AI avec la directrice de la recherche IA de JP  J’ai aussi développé des agents qui s’appuient sur des LLM. Les mains pleines de cambouis, j’aide donc les fondateurs à architecturer leurs data pipelines et à industrialiser rapidement leurs modèles.
  • Talent & culture :  Je mesure toute l’importance du “founder‑market fit” et je coache sur la gouvernance : un board bien structuré dès la seed évite bien des nuits blanches !

Cela dit, je reste curieux et ouvert : le vrai critère de sélection, c’est la qualité de l’équipe fondatrice !

En tant que Business Angel, avez-vous une anecdote marquante ou une situation forte que vous aimeriez partager avec nous ?

Statistiquement, plus de 90 % des startups finissent par mettre la clé sous la porte.

Dans ces cas-là, mon rôle de Business Angel consiste à aider les fondateurs à éviter ce destin en prenant, vite et bien, les décisions qui s’imposent : réduction des coûts, négociation avec créanciers et fournisseurs, priorisation du cash‑in client, pivot éventuel.

J’ai vécu cette situation dans mes propres entreprises et, aujourd’hui, j’aide les startups que j’accompagne à faire de même. Dans un cas récent, l’équipe fondatrice est restée soudée : mode commando, plan d’économie drastique, recentrage produit… le résultat est positif : la société est sauvée et affiche de nouveau une croissance à deux chiffres !

À l’inverse, une autre équipe n’a pas réussi à prendre conscience de l’urgence et à se coordonner ; les tensions internes ont précipité la faillite. Cette dualité rappelle à quel point l’exécution et la cohésion sont décisives.